Captive Tome 1

Les nuits de Shéhérazade

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C2haque soir,
le jeune calife du Khorassan prend une nouvelle épouse; chaque matin il la fait assassiner. Consciente du terrible sort qui l'attend, Shéhérazade se porte pourtant volontaire : elle est prête à tout pour venger les récentes épousées, et en particulier son amie d'enfance Shiva.

Chaque aube,
est une menace de mort mais la jeune fille échappe jour après jour à l'exécution en narrant des contes à rallonge au calife.

Chaque jour,
Shéhérazade tisse une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais ce qui se trame aussi, c'est l'amour qu'elle se met peu à peu à éprouver pour lui...

B 2

 

Q2ue dire de ce livre ? Il est super. Quand  on commence à le lire on ne s’arrête plus. Un véritable coup de cœur ! Dès la fin du premier chapitre, j’ai su que ce roman resterait à jamais gravé dans ma mémoire. Moi qui durant toute mon enfance lisait et relisait les merveilleux comptes des milles et une nuit, je ne m’attendais pas à ce qu’ils réapparaissent de cette manière. L’auteur à fait un travail vraiment minutieux, et vraiment magnifique sur ce livre. La magie livresque a intégralement opéré sur mon âme. Cette chronique sera totalement différentes des autres alors découvrons ce livre ensemble.

Ce livre est très certainement la meilleure surprise depuis ce début d'année ! Assez fan des milles et une nuit, j'ai été très contente de retrouver cette ambiance de conte dans lequel se mêlent autant modernité que passé. Les comptes des milles et une nuit comptés par Shéhérazade est sans conteste le recueil à l’ancienne, celui que tout petits et grands connaissent depuis toujours en dehors des comptes des frères Grimm, et est surtout et avant tout un livre pour enfants. Mais là ! Chapeau ! Quand on lit ce livre il nous rappelle à quel point la vie est éphémère. Mais bon passons. C’est une histoire captivante et si bien écrite qu'elle nous transporte du début à la fin, les personnages sont géniaux, presque aussi vrais que vous et moi, et surtout très attachants. Ils sont certes tous différents les uns des autres, mais ils ont tous quelque chose bien à eux.

Sachez toutefois, que pour la première fois depuis des années de lectures derrière moi, c’est par sa couverture sublime qu'il m’a attirée, dans un premier temps. Je trouve le choix de cette couverture vraiment très pertinent : les motifs, la police d’écriture correspondent parfaitement à l’ambiance du roman ! Bien évidemment on voit bien que c’est un livre qui parle d’une jeune femme vivant en Orient. Ces motifs sont joliment dessinés, et fait planer un air de mystère autant pour le livre que pour l’histoire en elle-même, et bien attendu il nous attire. Idem pour les débuts de chapitres qui sont joliment décorés avec ces mêmes motifs orientaux.

Parlons maintenant de l’histoire en elle-même. Shérazade est une jeune fille de 16 ans, fiancé et aimant un homme valeureux, qui veut venger la mort de son amie Shiva tué par le Calife au petit matin de leur noce. Mais la pauvre enfant n’était pas la seule car bien d’autres avant elles sont mortes dans les mêmes circonstances. Car chaque soir, le jeune calife du Khorassan prend une nouvelle épouse et chaque matin il la fait assassiner. Consciente du terrible sort qui l'attend, Shéhérazade se porte pourtant volontaire à ce mariage. Mais à chaque nouvelle aube qui arrive, la jeune fille sent la mort se rapprocher. Cependant comme elle ne veut pas mourir, et tuer le Calife à la place afin de sauver toute la population féminine du royaume et ainsi venger son amie, la jeune fille échappe jour après jour à l'exécution en narrant des contes à rallonge au calife. Mais d’un autre côté, l’amour fleuri comme une belle rose rouge car tous deux se mettent à éprouver des sentiments l’un pour l’autre, des sentiments qui apportent le bonheur au peuple, mais de la peur au calife, qui est en réalité sous l’emprise d’une terrible malédiction.

Il y a quelque chose de très mystérieux dans ce roman puisque le Calife assassine chaque épouse qu’il prend la veille dès l’aube, et pourtant, le lecteur n’arrive pas réellement à le détester mais cherche au contraire à comprendre ce qui se cache derrière cet homme sans pitié. Le début du roman est véritablement intrigant et j’aurais aimé pourtant que l’auteur dévoile bien plus les moments où le Calife et Shéhérazade apprennent à se connaître. Il parait un peu étrange que simplement par des histoires qu’elle lui raconte, il souhaite lui laisser la vie sauve. Mais il faut dire que c’est aussi cela le mystère des contes des Mille et une nuits. Néanmoins ce n’est que seulement après avoir supplié le Calife de lui laisser la vie sauve que cet homme accepte afin de pouvoir continuer à écouter les histoires contées par sa jeune épousée, tant sa curiosité est intense. Je trouve que l’auteur a manqué de décrire plus approfondissement  ces passages pour les rendre plus crédibles qu’ils ne le sont déjà et surtout pour nous faire comprendre un peu mieux ce changement soudain de comportement du Calife. Car pour moi j’ai eu comme l’impression que ce n’était qu’une ébauche ou plutôt un brouillon. Çà à manquer de convictions dans les passages des soirées en têtes à têtes et des moments où on avait pourtant le sentiment que la jeune femme allait passer l’arme à gauche.

Dès le début du livre on entre dans l’histoire et on rencontre Shéhérazade, cette "kamikaze», si je puis ainsi l’appeler, en mission suicide pour venger sa meilleure amie. Elle nous apparaît comme une fille courageuse et intelligente. Dès la première nuit, elle arrive à charmer Khalid avec ses histoires et le Calife lui promet une journée de répit. Shéhérazade est une jeune femme fougueuse, fidèle et extrêmement courageuse. C’est la première image que j’ai eu d’elle. On découvre rapidement une héroïne qui a un fort caractère et qui est prête à se battre pour les siens et pour ce en quoi elle croit. Je l’ai beaucoup apprécié pour le courage dont elle fait preuve en se portant volontaire pour épouser le calife mais aussi pour son envie de venger son amie et toutes les autres femmes ayant subi le même sort qu’elle devrait avoir au petit matin. L’ensemble de l’histoire se centre sur son personnage et sur son imprévisibilité, sur les choix qu’elle va devoir faire, sur les doutes qui vont l’étreindre et sur les sentiments qui vont naître chez elle. Des sentiments qui sont intenses que même elle n’aurait pensé pouvoir ressentir pour cet homme froid, alors qu’en réalité elle en aime un autre. Mais ici dans ce palais merveilleux, elle découvrira pour la première fois, l’amour, ou plutôt le grand amour.

Néanmoins si je me suis attachée à elle, un autre personnage m’a encore plus touché : Khalid. Ce jeune calife est au premier abord assez détestable. Je ne savais pas comment l’appréhender et je me demandais vraiment comment l’auteure allait tourner les choses autour de son personnage. On découvre un jeune homme qui ne ressent que peu de chose à part de la haine, de la solitude et un semblant de peur. Il est aussi froid comme un glaçon, dur comme le roc, sans cœur  comme une banshee et sans pitié comme le guerrier impitoyable qu’il est. Alors que je pensais qu’il serait difficile de l’apprécier, je me suis vite attachée à lui et à son mal-être. Malgré tout c’est quelqu’un qui fait preuve de force et qui essaye tout le temps d’affronter la vie. Et le coté attachant de ce personnage réside qu’en Khalid on trouve un Calife, certes froid, mais attentionné. Il faut dire que cet homme est extrêmement froid et dur pendant une grande partie du livre, et c’est peut-être le seul problème que j’ai vu à tout ça. Il se dévoile à Shéhérazade, même s’il garde le secret sur le pourquoi des exécutions de ses anciennes épouses. J’aurais aimé qu’on découvre un peu plus rapidement ce qui se cache sous cette carapace et qui me la rendu attachant. Son coté cruel fond au fur et à mesure que le temps passe et uniquement grâce à sa femme. Et quand on découvre qu’en réalité il est sous l’emprise d’une malédiction, on se dit, c’est plus compréhensif, mais que cela doit être dure pour lui.

Tout le roman se joue sur cette relation en Shéhérazade et Khalid qui s'apprivoisent un peu plus chaque nuit. Renée Ahdieh révèle des indices au compte-goutte, mais arrive à garder un brouillard autour des épouses condamnées. On a donc un duo très différent que ce soit par leurs caractères, leurs personnalités, leurs vies ou même leurs comportements… pourtant une véritable complémentarité et complicité semble se créer malgré l’indécision dont font preuve Khalid et Shéhérazade.

Le roman m’a beaucoup plu même s’il m’a manqué de l’action. L’ensemble tourne autour de l’histoire entre nos deux héros et finalement les rebondissements n’arrivent qu’assez tard dans la lecture. Cependant ils laissent présager une suite haute en couleurs. On ne sait pas trop que penser de tout ça, Shéhérazade elle-même n’est pas sure d’être sur la bonne voie, de faire les bons choix et il n’est pas facile de comprendre le calife et d’imaginer ce qu’il peut lui arriver

D'autres personnages souhaitent la déchéance de ce cruel Calife. Certains chapitres s'alternent avec leur point de vue, entre autres, le père de Shéhérazade qui apparaît comme un père aimant, mais couard ou encore Tahir, le premier amour de Shéhérazade qui part en guerre aveuglément. Ces deux hommes s’inquiètent pour la jeune femme, ce que tous peuvent comprendre, mais de là à déclarer la guerre ou faire de la magie noir, cela c’est une autre paire de manche.

Ce premier tome n’est certes pas un livre d’action, et il ne se passe pas grand-chose en dehors des interactions entre les différents personnages, jusqu’aux derniers chapitres. Mais ce n’est absolument pas rébarbatif. Tous les personnages sont tellement intenses et les sentiments qui les lient sont profonds et irrévocables. On rit avec eux, on souffre avec eux. D’autant que tout s'accélère vers la fin, les actions se font de plus en rythmé et chaque chose est déclaré en son heure.

Inspiré des Mille et Une Nuits, ce roman aux airs d'Orient envoûte par ses décors ainsi que par son ambiance. En effet le décor est incroyable. Renée Ahdieh emploie les mots justes et décrit les décors qu’il a inventé avec tant d’amour que personne ne peut rester sans cœur devant un tel panel de magnificence. Les senteurs, les saveurs, le touché, les tissus et le langage nous transportent en Orient en un battement de cils. En fermant les yeux, j’ai pu respirer le sable chaud, goûter le lavash, sentir la douceur du shamla de Shéhérazade glisser sur ma peau et comprendre d’instinct cette langue si sensuelle. Renée Ahdieh nous entraîne dans un univers désertique où la chaleur nous paraît écrasante, mais où les décors sont de toute beauté, dans un château fait de long couloirs, de chambres chaleureuses et de jardins suspendus. C’est féérique, magique, ensorcelant, envoutant, c’est comme un rêve qui se réalise.

L’un des points fort du roman est sans conteste l’écriture de l’auteure. En effet la plume de l’auteur est fluide et le vocabulaire en langue étrangère est expliqué au fur et à mesure par des notes en bas de page. Du fait de l’époque à laquelle se déroule l’histoire, le langage est plutôt soutenu, ce que j’adore. Mais surtout le point le plus fort est sans conteste la manière dont elle arrive à transmettre des émotions au lecteur. Le récit est écrit à la troisième personne mais il arrive que le lecteur se retrouve directement plongé dans les pensées de certains personnages. Les réparties de Shéhérazade sont drôles et cinglantes. A chaque fois qu’elle parle, c’est jubilatoire. On navigue entre l’histoire d’amour, les conflits politiques et la magie. On est partagé entre la haine et la compassion durant tout le livre, comme Shéhérazade on ne sait pas vraiment que ressentir dans la situation et il n’en est que plus difficile de réaliser que le calife n’est peut-être pas si mauvais qu’il y paraît.

En conclusion un premier tome agréable à découvrir qui donne envie d’en apprendre plus sur la suite ! Il m’a envouté et je suis encore sous son charme. J’ai adoré et attends avec beaucoup d’impatience le tome deux des aventures de nos deux tourtereaux qui ont été séparés de force. En attendant je mange ma rage et vous dis à la prochaine pour vous laisser transporter loin, très loin, dans ce pays qui ont tant fait rêver plus d’un lors de sa prime jeunesse.

 

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"- Qu'as-tu fait de moi, infâme petite peste... reprit-il.
- Si je suis infâme et peste, je te conseille de garder tes distances, car je pourrais avoir raison de toi...
Son arc toujours en main, elle lui frappa le torse.
- Je veux...commença-t-il.
Puis il se tut et l'enlaça.
- Je veux être vaincu. Je veux que tu triomphes de moi

 

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