La déesse des loups Tome 1

Morsure

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A3 1 la mort de ses parents, le monde d'Alexandra Schmitt bascule dans une sombre et infernale spirale. Orphelines, sa famille ne peut l’accueillir elle et sa soeur jumelle : ils sont donc contraints de les séparer. A contre cœur, Alexandra quittera la France pour rejoindre sa tante au Canada. Les adieux sont glacials et la rivalité fraternelle n’a jamais été aussi pesante.

Arrivée dans son nouveau lycée, elle rencontre Dyami, un mystérieux amérindien aussi séduisant que détestable, qui apporte une lueur dans toute cette obscurité et l’éloigne du point de non-retour. Quel lourd secret porte-t-il ?

Rejetée, trahie, l’adolescente retrouve ses démons et tente de mettre fin à ses jours. C’est alors qu’elle revient à la vie grâce à la magie d’une légende indienne : La Déesse des Loups.

Le mythe oublié, renaît.

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L3a vie est parfois très dure à supporter. Pourtant j'ai encore dans ma tête une phrase toute simple que ma défunte grand mère me disait souvent : après la pluie le beau temps. Mais je trouve que le beau temps tarde a venir. C'est comme cette histoire de calme avant la tempête, ou encore aide toi et le ciel t'aidera. Bref vous l'avez compris, le passé, le présent et le futur, c'était, c'est et ce sera toujours le moment de prendre son temps pour vivre. Seulement voilà, dans cette chronologie intemporelle, il arrive que parfois de fils en aiguille on tombe dans un précipice sans fond, où l'on a l'impression de ressentir toute la noirceur du monde. Cette chute peut survenir après la perte de son travail, une séparation, un amoncellement de dettes, etc. Mais la pire douleur, c'est la perte d'un être aimé. Je parle bien sur de la mort. Plus on est proche de cet être, plus dure et plus profonde est la souffrance. On a l’impression que tous les gens qui nous entourent ne nous comprenne pas, on flotte dans une mer de souffrance sans fin, la nourriture n'a plus de goût, et pas à pas, la vie ne ressemble plus à rien et l'envie de vivre s'envole. Rien ne vous retiens sur cette terre au point que vous vous laissez mourir à petit feu afin de retrouver celui ou celle que vous aimez le plus u monde dans l'autre monde. Non mes amis, je n'ai pas de tendances suicidaires. Bien au contraire. Ces explications c'est juste pour vous mettre dans l'ambiance du livre que je vais vous présenter.

Quand j'ai lu le titre du livre La déesse des loups, je n'ai pas pu résister. Je l'ai voulu direct. La couverture simpliste et le mot loup m'a juste mis l'eau à la bouche. Je n'ai pas chercher à lire le résumé, vu que j'adore tout ce qui est loup garou, et qui dit déesse des loup dit reine d'une meute. Mais pas du tout. Car notre héroïne n'est pas du tout ce que l'on pense. Je vous laisse découvrir cette quatrième de couverture. À la mort de ses parents, le monde d'Alexandra Schmitt bascule dans une sombre et infernale spirale. Orphelines, sa famille ne peut l’accueillir elle et sa sœur jumelle : ils sont donc contraints de les séparer. A contre cœur, Alexandra quittera la France pour rejoindre sa tante au Canada. Les adieux sont glacials et la rivalité fraternelle n’a jamais été aussi pesante. Arrivée dans son nouveau lycée, elle rencontre Dyami, un mystérieux amérindien aussi séduisant que détestable, qui apporte une lueur dans toute cette obscurité et l’éloigne du point de non-retour. Quel lourd secret porte-t-il ? Rejetée, trahie, l’adolescente retrouve ses démons et tente de mettre fin à ses jours. C’est alors qu’elle revient à la vie grâce à la magie d’une légende indienne : La Déesse des Loups. Le mythe oublié, renaît.

Bon je vous l'accorde, le résumé ne fait vraiment pas honneur au livre. C'est vraiment dommage, mais le mystère est tellement grand comme cela que c'est de la pure magie. Bref, comme à mon habitude, je vais vous parler des personnages qui pullulent ce premier livre.

Alexandra Schmitt est une jeune lycéenne de dix-sept ans qui vient tout juste de perdre ses parents dans un accident de voiture. Se sentant rejeté de tous, elle va aller au Canada chez sa tante et y finir sa scolarité. Durant les vingt-six premiers chapitres, on y découvre une jeune fille torturée moralement par la mort de ses parents tant elle les adorait. Cette torture morale est tellement intense qu'elle prend même la décision de non-retour, en gros de ne plus manger, voir que le strict nécessaire et encore, jusqu'à ce que mort s'en suive. Dans son combat contre la vie, elle m'a plus d'une fois touché au plus profond de mon être, au point de pleurer parfois. On y sent une jeune fille résignée à la mort qu'elle accepte même comme une vieille amie. Et puis, c'est le grand changement à partir du chapitre suivant. Elle se redécouvre, elle plaît, elle aime, elle vie, tout simplement. Elle défend les opprimés, elle rie, elle s'amuse, etc. Bref, petit à petit elle s'ouvre aux autres et découvre que la vie est belle. On apprend alors qu'elle est gentille, agréable sympathique, généreuse, en tout cas une chose est sure, ce n'est pas une grande gueule, du moins en partie, vu qu'elle l'est avec deux personnes au moins. Mais une chose est sure elle déteste plus que tout sa sœur jumelle qui lui pique tout.

Aiyanna est une jeune amérindienne qui est dans la même classe qu'Alexandra. Cette jeune fille est une vraie pile électrique. Pimpante, toujours en train de rire ou de sourire. Elle cherche toujours à faire en sorte que son amie Alex cesse de pleurnicher. Et quand cette dernière recommence à vivre, elle va l’entraîner, elle va la soutenir dans sa lutte contre le mal, elle va lui apporter son aide et son soutient dans chacune de ses actons. En gros, c'est le genre de meilleure amie que tout le monde rêve. Néanmoins, cette jeune fille à un très gros défaut : son frère.

Dyami, jeune amérindien, dix huit ans, populaire dans le lycée, futur chef de clan, très beau, etc. Si aux premiers abords c'est un mec grande gueule, gros con, crétin, colérique, idiot, méchant avec les fille, ou plutôt avec Alex, il va nous dévoiler dans un second temps ses véritables valeurs morales. Il est franc, loyal, gentil, attentionné, sympa … et l'on ne peut que tomber sous le charme de ce jeune homme.

Simon est un jeune homme sympathique, binoclard, et plutôt mignon qui va aider notre jeune Alex à se sentir vivre, si je puis parler ainsi, durant sa période de souffrance Autant il aime rire, autant je n'ai pas du tout compris ce qui se passait après son petit tour à l’hôpital. Parce-que d'un coup le jeune homme est devenu froid, distant réservé,un peu grognon. Pourtant c'est le genre de mec que l'on voudrai avoir comme bon pote.

Karen Schmitt est la sœur d’Alaric le père des jumelles. C’est une femme forte et franche qui s’inquiète énormément de voir sa nièce sombrer dans le désespoir. Cependant, comme elle même est en plein de deuil, elle ne sait comment véritablement l'aider, d'autant que la jeune fille se rebelle à la moindre remontrances. Mais, c'est lorsqu'elle sera sur le point de perdre sa nièce, que toutes les vannes vont s'ouvrir. Et la relation qui va naître entre eux deux sera magnifique.

Matt, comme dans tous livre, il nous faut le joli cœur de service. Et bien sure, il le faut, beau, mignon, sportif, une belle bagnole, etc. Vous avez compris, c'est tout Matt, le grand bourreau des cœurs.

Satinka est elle aussi une jeune amérindienne. On la découvre aux bras de Dyami en tant que sa petite amie. C'est une fille méchante, jalouse et possessive. Cependant, elle n'hésite pas à soutenir la pauvre Alex quand celle ci va plaquer le beau brun pour le protéger (mais cela est une autre histoire).

Angélique Schmitt est la sœur jumelle d'Alexandra et par extension, son pire cauchemar. Mais comme le dit Alex elle même, elles sont comme le jour et la nuit, l'ombre et la lumière, Alex est brune avec des formes et Angel blonde et quasiment plate comme une planche de pin. C'est une petite peste, qui n'hésite pas à utiliser ses charmes physiques afin de piquer les petits copains de sa sœur. D'ailleurs à un moment elle va avouer à cette dernière pourquoi elle fait cela. Mais n’empêche, je n'ai pas apprécier cette Angélique là. Moi ce que j'ai aimer, c'est de découvrir l'autre facette de cette jeune femme, que malheureusement ne dure pas suffisamment longtemps, vu que la donzelle s'en va. Mais le temps que ce changement arrive, elle est escortée par une seconde version d'elle même

Cyrielle est la fameuse seconde version d’angélique. Aux premiers abords, j'ai découvert une suiveuse, voir même un larbin en cette jeune fille. Et puis petit à petit, tels une araignée faisant sa toile pour qu'une proie tombe dans son piège, elle va révéler sa vraie nature, ses vrais sentiments. Elle est pire qu’Angélique. C'est une fille machiavélique, insensible froide, calculatrice, hypocrite, vengeresse, etc. Bref pas du tout le genre de fille que vous laisseriez entrer aux bras de votre fils chez vous. C'est vraiment flippant cette bipolarité.

Pour une fois je ne vais pas vous citer tous les noms des personnages, car certains ne sont que de simples figurants à mes yeux. D'un autre coté, cela va me permettre de rentrer plus profondément dans le roman. Notamment avec la plume de l'auteur, la romance et toutes autres relations entre les personnages et bien entendu l'intrigue du livre.

Tout d'abord la plume de Mathilde Bonnard est plutôt d'un réalisme surprenant pour les chapitres précédents le changement, mais aussi lourde. Réaliste car on à l'impression que l'auteur a déjà subi ce genre de chose, et j’espère que non vu comment c'est bien décrit les moments de souffrances, les flash-back pour les souvenirs, les envies de se laisser rattraper par la mort, etc. Lourde vu qu'il n'y a pas d'action, c'est plat, c'est triste, c'est pesant, on est aspiré bien malgré nous dans la spirale de désolation du personnage, notre cœur est lourd, on pleur bien malgré nous, c'est vide, c'est morne. C'est un véritable carnage émotionnel. Si il n'y avait pas la petite Aiyanna pour nous faire rire un peu, cela aurait été encore plus dure à endurer cette désolation infernale. Et puis après le changement, la plume de l'auteur reprend vie. Elle est rythmée, pimpante, humoristique, douce. En effet, le rythme monte crescendo, il y a de l'action, du rebondissement, quiproquos, retournement de situation, bagarre, course poursuite. Les actions s’enchaînent les unes après les autres sans que le lecteur ne puisse rien y faire. On sens que la vie a repris son cours, que le personnage far veut vivre. Humoristique au vu des moments de détentes en compagnie d'Aiyanna, avec ses petites bouderies, sa façon à elle de voire les choses, sa manière de rire, de plaisanter. On ne s'en tient pas les cotes, mai qui sait pour la suite. Douce pour les moments familiaux, entre amoureux, sans pour autant tomber dans l’excès. Enfin, si j'ai utilisé le terme de pimpante, c'est tout simplement parce que je trouve que brillant cette dualité entre avant et après le changement. J'ai eu a plusieurs reprise l'impression du Ying et du Yang. Sa ma fasciné. C'est simple à comprendre. Les pages n'ont cesser de défiler, encore et encore, sans que l'envie de déposer mon livre ne se fasse. Les émotions se jouent de notre petit cœur. Les descriptions fort simplistes mettent en avant des paysages grandiose, tels que la foret, la neige … Les personnages sont très attachants, loin du charisme habituels de ceux que je côtoie, ils m’ont bouleverser jusqu'au plus profond de mon être L'univers mis en place quand à lui m'a plus d'une fois surpris pour la bonne raison que je pensais y trouver une meute de loup avec à leur tête un alpha macho, crétin, insensible, idiot, etc. Mais c'est presque cela vu que le jeune Dyami en est un. Bon après désolé pour ces messieurs, mais j'ai comme l'impression que la plupart d'entre eux se laisse emporter par leur testostérones, au détriment de nous gente dame qui peine à comprendre le caractère acrimonieux du sexe opposé. Tout un chapitre pour dire simplement que j'ai vraiment adoré la manière d'écrire de ce nouvel auteur.

Ensuite la romance entre les personnages d'Alexandra et Dyami est explosive. C'est du genre je t'aime, moi non plus. Oh et puis de toute façon de la haine à l'amour et vis versa il n'y a qu'un pas. En fait dés l'instant où Dyami a poser ses yeux sur Alexandra, il s'est senti attiré par la belle. Malheureusement pour la donzelle, après ce qui est arrivé au frère aîné de Dyami avec une blanche, ce dernier les a toutes pris en grippe. Du coup même si la petiote lui plaît énormément, il n'a pas l'intention de le faire savoir au monde entier. Alors pour s’empêcher de tomber plus amoureux qu'il ne le voudrait, il l'agonie d'injure, il la traite de tout les nom, il la rabaisse, au point que l'on croit qu'il la hait réellement. Mais en secret, quand tous deux sont ensemble, il est doux, attentionné, charmant, même si a certain moment il prend ses distances. Et puis après avoir eu l'impression de la perdre, il va décider de lui dire la vérité. Et même si ceux de sa tribu ne comprennent pas ce changement d'attitude et surtout qu'ils ne l'acceptent pas, Dyami va tout faire pour rester avec son aimée. Quand à Alexandra, l'amour qu'elle ressent pour le bel amérindien est tout aussi fort. Elle va même jusqu'à rompre pour sauver la vie du jeune homme. Tout cela à cause de sa peste de sœur. Il est vrai qu’après cette rupture, l'entente entre eux deux c'est comme si l'on marche sur une corde raide à plus de cent mètres au dessus du sol, mais on sens qu'ils s'aiment toujours. Dyami joue au coq fier, orgueilleux, insensible, afin qu'Alexandra ne sache pas à quel point il l'adore. Tandis qu'elle ne cesse de penser à son grand amour. J'ai eut mal pour eux deux, car je sais ce que c'est de perdre sa moitié et de passer ses journées à pleurer. Aussi j’espère que dans le tome deux ils vont se retrouver.

Enfin l'intrigue du livre est plutôt bon. Dés le début du livre, on attend avec impatience l'arrivée en grande pompe de la déesse des loup. Puis quand vient le changement, on se dit « ça y est ce sera encore et encore le calme plat ». Eh bien non !!! Le calme c'est pour mon œil, car l'auteur à sut faire d'une pierre deux coup en mettant en place une intrigue plutôt mesquine. On mène l’enquête aux cotés des complices Alexandra et Aiyanna pour trouver le ou la coupable de ces mort odieuses. Le pire dans tout cela, c'est qu'elle réussit à nous faire haïr la pauvre Angélique. Alors quand on découvre que ce n'est pas cette peste, je peux vous assurer que vous n'avez qu'une envie, c'est de pester contre le monde entier pour savoir qui est le/la petit/petite merde qui vous fait passer pour un bleu au lieu de ce bon Sherlock Holmes. Je vous dis pas comment j'étais agrippé à mon livre. Çà m'a énerver. Mais bon. Sans compter la rupture …. Pffuuuiiiiooooouuuuuuttttttt !!!!!!!! C'était dure. Mais pourtant quand est venu la fin j'étais entre deux cœur, l'un disait bien fait au traître, l'autre avait mal pour cette personne rempli de haine. Néanmoins, j'ai vraiment adorer mener l’enquête, même si pour une fois une auteur m'a fait tourner la tête et empêcher de découvrir la vérité rapidement. Pas grave. Je lui pardonne volontiers cet écart, car au fond je me suis bien laisser emporter par cette investigation.

En conclusion, ce livre est un peu comme la chanson d'Inconnu « Tourner en rond, bloquer sur le temps, Ne rien trouver à faire, quelle galère, Toujours le même son, la même chanson, Qu'y a t-il d'autre à faire sur la terre ? Tourner en rond laisser passer le temps ». Car comme dit nos anciens, le temps panse et cicatrise nos plus vilaine blessure à l’âme. Ce livre est vraiment pour moi un coup de foudre. Il y a une vrai dualité entre vie et tristesse, entre amour et haine, c'est le ying et le yong. L'auteur nous bluffe vraiment par sa plume, son récit, se personnages, etc. Même la transformation est bluffante. Loin des loup garou, des sorciers, des chamanes et autres créatures surnaturelle, l'auteur nous fait entrer dans les légendes amérindiennes. D'où le fait que je classe ce livre dans cette catégorie. Car qui dit légende, dit folklore, dit magie, etc. C'est une belle histoire, triste, touchante, pleine de vie et d'amour. Et j'ai plus qu'une seule hâte, c'est de découvrir le tome suivant tant je l'ai sincèrement adoré. L'auteur nous montre vraiment qu’après la pluie il y a le beau temps, c'est à dire qu’après les plus dure épreuves de la vie, la joie revient en nous et l'on se sent revivre, même si d'autres épreuves arrivent à nos portes, il faut réussir à les surmonter. Sur ces dernières paroles, je vous dis à bientôt pour une nouvelle chronique.

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— Que lui avez-vous dit ?!

Le groupe de policiers tente de la maîtriser, de la calmer, mais en vain, elle insulte ces jeunes inconscients, elle les dénigre et les méprise. Un des parents de la troupe des indiens les défend et Karen lâche sa hargne sur lui. De plus en plus hystérique, elle réclame des explications.

Alors, un amérindien se dévoue pour raconter cet odieux épisode : le garçon qui me déteste.

— Nous avons eu une altercation, commence Dyami. Je n’ai pas supporté le ton dont elle a usé, ni son attitude de supériorité. Les Blancs se croient toujours au-dessus de nous. Mais NOUS, nous sommes unis et jamais l’un de nos parents ne nous aurait abandonnés.

— Dyami, déplore sa sœur, Aiyana.

Il y a un silence, durant lequel Karen le dévisage. Elle s’approche de lui, la colère suinte par tous ses pores. Elle chuchote, comme si elle avait peur qu’où que je sois, j’entende une fois de plus les paroles de Dyami.

— Que lui as-tu dit ?

— La stricte vérité : que ses parents l’ont abandonnée, qu’ils ont préféré la fuir plutôt que d’élever un être aussi répugnant, une enfant aussi pathétique. J’ai ajouté qu’elle était donnée à une tante par dépit, que personne ne la désire, et que tôt ou tard, vous vous détourneriez d’elle, comme ses parents.

— Mais ses parents sont morts ! hurle Karen, en tombant à genoux.

— Je le sais, crache-t-il. Elle l’a dit en guise de défense. Cependant, j’ai continué. Je lui ai dit qu’elle apporte le malheur, qu’ils ont préféré mourir, que tout est de sa faute. Elle a parlé d’un accident. Je lui ai dit qu’ils préféraient rejoindre les Plaines plutôt que de partager sa minable vie. J’ai dit qu’ils la haïssaient, qu’ils l’ont abandonnée. Qu’elle était une erreur de la nature. Qu’elle...

— Qu’elle ?! le précipite Karen. Qu’elle ?!

— Qu’elle devrait mourir.

Karen se redresse et une gifle rougit la joue de Dyami. Il ne s’excuse pas. Il respire la fierté et le contentement. Jamais il ne ferait demi-tour, jamais il ne reviendrait sur ses mots blessants. Au contraire, il persiste et signe.

— Alexandra est Blanche, il me poignarde, encore et encore. Mais en plus, elle est faible. Elle nous rendrait un franc service si elle...

Elle le bâillonne d’un nouveau soufflet et lui ordonne, ordonne à tous de me secourir.

— Cherche-la ! Cherchez-la ! Retrouvez-la !

Dyami me hait, ses yeux l’expriment. Quant à Karen, elle m’aime et me le prouve, en me priant.

— Tiens bon, ma chérie.

Hélas, il est déjà trop tard. On ne comprend la valeur des personnes qui nous sont chers, seulement lorsqu’elles nous échappent.

Je ne peux pas la toucher... Je la vois seulement... Je ne peux la remercier de s’accrocher à un spectre...

Mon enveloppe corporelle s’affaiblit, puis se renforce. La morsure guérit, mais le sang souille toujours mon corps. Je redeviens une fille de la forêt, une fille de la nature. Mère Nature m’appelle. Mes vêtements se désintègrent peu à peu. Nue. Il fait froid, cependant je ne frissonne pas. Le vent me caresse, m’enveloppe, me protège. Les feuilles autour de moi dansent, tandis que les arbres se chuchotent des « la Déesse renaît » ou des « elle se métamorphose ».

Je sens ma peau plus douce, je sens mes imperfections disparaître, je sens les cicatrices dues à des chutes de maladresse s’évaporer, je sens que mon parfum se modifie. Je perçois les senteurs de la forêt, je perçois qu’elle me touche, qu’elle m’imprègne, qu’elle m’entoure.

Je meurs, je vis.

Mon carré strict s’évapore. Ma chevelure pousse, pousse, pousse jusqu’à couvrir mon corps nu.

La consommatrice, l’enfant de la ville redevient la fille de la Nature.

Mes origines, mon berceau.

Vais-je vivre ?

Non, je désire la paix éternelle.

Mon fantôme, car je suppose que c’est mon fantôme, suit la petite troupe qui ne cesse de crier :

— Alexandra ! Alex !

Ils veulent se séparer, car ils perdent du temps et ils savent qu’ils gagneront plus de terrains, chacun de leur côté. Chaque seconde perdue pour eux est une seconde de délivrance pour moi.

Ils courent sous ce déluge. Les éclairs zèbrent le ciel obscur. La tempête continue son carnage, malgré tout, ils avancent et ils hurlent mon nom désespérément.

Dyami s’écarte de la compagnie. Il va plus vite qu’eux. Il s’agenouille, touche le sol d’un œil expert. Ce jeune homme me piste, il cherche une quelconque trace de mon passage. Celles-ci sont effacées par le torrent qui se déverse sur lui. Bien que le temps soit peu clément, il s’accroche. Ainsi, il se relève, parcourt quelques mètres et cherche à nouveau des empreintes.

Malgré cette pluie...

… Dyami me découvre. Lui n’a jamais crié mon nom pendant cette traque. Bien sûr que non, il me déteste tellement ! Mon nom écorcherait ses vilaines lèvres ! Pourtant, c’est lui qui me trouve. La personne qui me hait, le plus au monde, est celle qui deviendra mon sauveur aux yeux de la population. Quelle ironie !

Mon fantôme le voit s’approcher lentement. Il surveille les alentours. Aucun animal ou psychopathe. Aux aguets, il s’avance vers mon corps sans vie. Mais qu’attend-il maintenant ? Il me regarde, comme fasciné. N’a-t-il jamais vu de fille inconsciente, nue, enroulée dans une chevelure brune ? Pas souvent, je suppose. Toutefois, il a une lueur au fond du regard, une petite flamme qui s’allume. Pourtant, elle s’éteint brusquement, lorsqu’il secoue sa tête, faisant voler sa magnifique crinière. Il retire rapidement sa veste et m’enroule délicatement dedans.

Dyami n’avertit pas les autres qu’il m’a trouvée. À la place, il touche ma joue et prend mon pouls.

— Elle est frigorifiée, je perçois ses murmures.

Il passe une main experte sur mon corps et là, il voit... que voit-il ? Mon fantôme se dirige vers cet étrange couple. Ma peau blanche est glacée et couverte d’un liquide chaud et rouge. Le sang séché, le sang effraie. Dyami me soulève immédiatement et me colle contre sa poitrine.

— Tiens bon, Alex, me répète-t-il, en courant à la rencontre de la délégation.

Dans ses bras, je semble aussi légère qu’une plume. Il me serre contre lui, en accélérant l’allure.

Pourquoi ? Pourquoi me détestes-tu ? Pourquoi vouloir désormais me sauver ? Néanmoins, mes lèvres ne bougent pas, elles restent closes et violettes.

L’indien appelle les autres. L’indien hurle. L’indien les implore de le rejoindre. Tout le monde, converge vers lui, se rue vers lui. Les lampes torches sont des jolis points qui dansent, puis se regroupent en un cercle dont je suis le centre. On lui propose de me tenir, de me porter, mais à chaque reprise, il refuse catégoriquement.

Pourquoi ? Toi, qui m’abhorres.

Mon fantôme entend une douce mélopée. Il sent également un doux parfum familier... Chanel ? Celui de Maman ! Un rire résonne, c’est celui de Papa. Une sensation agréable, une caresse dans la nuque. L’endroit qu’Alaric adorait caresser, lorsque j’étais enfant. Tu étais toujours là lorsque je tombais, tu me relevais, tu faisais un « bisou magique » sur ma blessure. Alors, je repartais en riant. Maman, toi, tu m’apprenais à croire en mes rêves, en l’espoir...

À l’heure actuelle, je n’ai plus aucun espoir.

Une jolie lumière blanche inonde la forêt. Les films et les livres décrivent cela avec des mots de mortels. Ils ne savent pas ce que signifie cet éclat divin. Par contre, il n’y a aucune musique, aucune trompette et aucun ange avec de belles ailes. Non, il n’y a rien de tout cela, juste cette lueur et un silence étourdissant. Je suis la seule à la voir, du moins mon fantôme est le seul. Elle m’aveugle, puis s’amenuise instantanément, lorsque j’entends leur voix.

— Viens Alex.

Je fais un pas vers eux.

Maman ouvre ses bras, prête à m’accueillir.

J’avance vers eux, hypnotisée.

Papa me sourit, heureux de retrouver l’une de ses filles.

Je me rapproche davantage du rêve qui me hante depuis ce jour, en septembre, depuis cet accident mortel.

Derrière moi, Dyami, tenant ma dépouille dans ses bras, déclare sombrement que mon cœur bat faiblement.

— Reste, me supplie Karen, les larmes aux yeux.

Je tends une main vers eux, vers ma famille.

Cependant, ma main retombe mollement, alors que je lui réponds.

— Non Maman, Alex n’est plus. Désormais, je suis Alexandra.

La lumière s’éteint, les emportant avec elle.

Je réintègre mon corps, toujours lovée dans SES bras, tandis que le groupe m’emmène à l’hôpital.

Une seconde fois, je les perds, mais j’ai fait un choix : vivre.

Je renonce à vous, je ne suis plus votre Alex.

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