Le clan Bennett tome 1

Le chant du loup

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E 2

O3x a douze ans quand son père quitte le foyer familial en lui disant qu’il ne vaut rien et que les gens ne le comprendront jamais.

Il en a seize lorsqu’il rencontre Joe Bennett dont la famille vient d’emménager dans la maison du bout de la route. Joe, qui parle, parle, parle. Qui parle comme il ne l’avait plus fait depuis presque deux ans.

La vie d’Ox change alors du jour au lendemain, car les Bennett accueillent à bras ouvert cet adolescent solitaire au sein de leur famille. De leur clan. De leur meute.

Dès lors, Ox n’est plus seul et s’épanouit auprès de Joe et de ses frères. Mais il sent que des choses lui échappent : des secrets qu’on lui cache, des dangers dont on veut le protéger.

Des secrets rouge Alpha, orange Beta, violet Omega.

Des dangers surgis du passé et qui menacent désormais tout le clan Bennett...

B 2

 

C3’est waouh, je me sens tout graou et grrr et puis badaboum ! Oh mon dieu ! Chers amis lecteurs, et qui aiment dévaliser les librairies, êtes-vous déjà tombés sur une pépite qui vous laisse sans voie ? Qui vous prend aux tripes si fort, si intensément que vos émotions débordent ? Qui tout du long de l’histoire vous avez envie de pleurer, de rire, de crier, de vous arracher les cheveux, de prendre les personnages dans vos bras et les câliner afin qu’ils cessent de souffrir autant ? Et bien cela m’est arrivé. Ce livre, ma tellement ému, qu’il m’a fallût plus de quatre jours avant de prendre la décision d’en écrire la chronique. C’est bien la première fois d’ailleurs qu’une telle chose m’arrive. Le monde du roman est certes fait de violence, mais c’est surtout de l’amour, de l’amitié, de la loyauté, de la confiance qui vie au travers des personnages. Un livre, où des secrets cachés aux couleurs rouge alpha, orange béta, violet oméga peuplent leurs mondes. Un livre où la magie et le danger est présent dans leurs vies. Un livre où on sent le sucre d’orge, et pomme de pin, et épique, et génial. Un livre qui fut un méga coup de cœur.

Mais pour comprendre cela, vous devez vous mettre dans le bain par la quatrième de couverture. Certes il n’en dévoile pas des masses, mais, on sent que ce n’est pas juste le contenant qui est important, car derrière chaque phrase, se cache une énigme qu’il faudra découvrir. Ox a douze ans quand son père quitte le foyer familial en lui disant qu’il ne vaut rien et que les gens ne le comprendront jamais. Il en a seize lorsqu’il rencontre Joe Bennett dont la famille vient d’emménager dans la maison du bout de la route. Joe, qui parle, parle, parle. Qui parle comme il ne l’avait plus fait depuis presque deux ans. La vie d’Ox change alors du jour au lendemain, car les Bennett accueillent à bras ouvert cet adolescent solitaire au sein de leur famille. De leur clan. De leur meute. Dès lors, Ox n’est plus seul et s’épanouit auprès de Joe et de ses frères. Mais il sent que des choses lui échappent : des secrets qu’on lui cache, des dangers dont on veut le protéger. Des secrets rouge Alpha, orange Beta, violet Omega. Des dangers surgis du passé et qui menacent désormais tout le clan Bennett...

Seigneur ! Quand j’ai lu ce résumé, j’ai adhéré direct, mais il y a tant d’énigme autour de ces quelques lignes, que je me suis dite, qu’il faudrait absolument que je vous fasse introduire dans le livre en vous parlant des personnages qui vous fait suffoquer par leurs sentiments qui débordent de partout.

Ox est un jeune que l’on rencontre à ses dix ans lorsque son père les abandonne lui et sa mère. Un peu simplet sur les bords, il voie néanmoins le monde à sa façon. Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, il est sincère dans ce qu’il fait, dans ce qu’il ressent, dans ses manières, dans ses actes, … Comme son père lui dit qu’il est désormais un homme, Ox va tout faire pour que sa mère ne soit pas malheureuse et ne manque de rien. Du coup, il va aller demander un travail à Gordo afin d’aider sa mère pour garder à flot les finances de la maison. Travail qu’il obtiendra lors de ses douze ans. Ainsi, on va le découvrir à chacune de ses années où il grandit, où il doute parfois de lui-même, où son ressentit nous touche plus que ce que l’on aurait pu le penser. C’est un enfant solitaire, doux, attentionné, aimable, tendre, un jeune qui fera un jour le bonheur d’une femme. Pourtant quand viendra le jour de ses seize ans, tout va basculer dans sa vie. Il fera la rencontre d’une petite tournade qui l’intégrera dans sa famille. De là la véritable d’Ox commencera. Plus jamais il ne retrouvera seul, il aura d’une certaine façon des frères même si ces derniers seront ses amis. Il aura un oncle de substitution, un père de cœur, une mère de cœur, il aura une famille, une meute, qui le protégeront et qui le prendront sous leurs ailes, qui l’aiderons à grandir, à vivre, à être ce qu’il deviendra par la suite. Un alpha bon, un alpha protecteur, un alpha qui veillera sur les sien, un alpha prêt à tout pour que les sien soit heureux, un alpha qui est prêt à mettre sa vie en jeu pour que les siens vive. Ce jeune homme m’a touché en plein cœur. Il fut pour moi une découverte. Lui l’humain qui n’est rien mais qui est tout en même temps. On le voit évoluer à travers le temps, jusqu’à ce qu’il finisse par se mettre en couple. On le voit souffrir, on le voit en colère, on le voit rire, on le voie pleurer, on le voie … On le voie sous toutes ses faces possibles. Il nous montre que malgré la souffrance et qu’on en bave dans la vie, on doit se relever, ne jamais baisser les bras, relever la tête, prendre des risques, car la vie continue quoiqu’il arrive.

Quant à Joe Bennett, le second personnage principal arrive dans l’histoire du haut de ses dix ans telle la petite tornade qu’il est. La première impression que l’on a de ce gosse en dehors du fait que c’est une petite tornade, c’est que c’est un enfant ouvert et enthousiaste. J’ai adoré sa façon de grimper de partout sur le pauvre Ox, qui finalement va rencontrer les parents du gamin. Tous les jours quand Ox sort de l’école, il va aller l’attendre sur le chemin. Il va introduire son nouvel ami dans sa famille. Et … Oh mon dieu ! Il est tellement … Tellement merveilleux, tellement précieux, tellement inimaginable. Et quand on découvrira l’envers du décor, jamais, on ne se serait imaginer que le môme fut enlevé, séquestrer, brisé par un être infame. J’avais envie de rentrer dans ce livre, prendre ce petit chenapan dans mes bras et lui dire ‘’chut !!! Le grand méchant loup ne viendra plus pour toi.’’ Tout comme Ox, on suit Joe sur plusieurs années. On le voit en proie à l’amour avec ses bouderies, on le découvre faisant du charme, on le voie vivre en fait. Mais quand le drame arriva, la seule chose que je voulais faire, c’était de prendre le môme sur mes genoux et lui foutre une bonne fessée. Car au moment de devenir l’alpha, Joe va commettre les plus grosses conneries au monde avec sa colère et son chagrin qui parle au lieu d’écouter sa raison. Son départ laisse un grand vide pour ceux qui restent, mais son retour va apporter tout un lot d’amour, de pardon, de joie, et de vie. Sincèrement, j’ai adoré ce loupiot. Il m’a laissé un immense je ne sais quoi dans mon âme, et là je me dis il a enfin grandi.

Mark est l’oncle de Joe. La première fois que l’on rencontre ce grand type baraqué, c’est le jour de sa première conversation avec Ox quand il va lui dire que bientôt tout va changer pour lui. Il joue parfaitement son rôle d’oncle protecteur et qui aime à donner des conseils. Cependant, quand la situation l’exige, il est capable de se battre comme le loup qu’il est afin de mettre la vie des siens hors de danger. Par ailleurs, on sent qu’il garde un grand secret dans son cœur. Un secret qui le fait souffrir à un point inimaginable.

Carter et Kelly sont les grands frères de Joe. Ces deux-là sont des êtres pleins de vie, d’humour et surtout qui vont apprendre à Ox à vivre. Mais avant tout ce sont des êtres à part qui veille sur les leurs afin que personnes ne souffre. Carter qui a le même âge qu’Ox va alors l’aider à comprendre ce qu’il ressent pour Joe, et va même lui faire la blague de l’embrasser. Bon dieu que j’ai adoré ce passage. Kelly est plus en retrait que son grand frère certes, mais à lui, je lui donnerai bien l’étiquette du grand frère moralisateur. Mais ces deux-là sont impayables.

Elizabeth et Thomas sont les parents de Joe. Ces derniers sont de véritable maman poules. Ils acceptent Ox comme cela et uniquement parce que ce dernier est important pour leurs plus jeunes fils, mais aussi, parce que c’est Ox tout simplement. Thomas va devenir une sorte de père de cœur pour Ox, malgré le fait qu’il soit un alpha, il va faire comprendre à Ox que son vrai père n’avait rien à faire de lui. Mais que cela ne signifie pas qu’il ne faut pas l’aimer. Elisabeth de son coté, va comprendre vite fait qu’Ox adore aider, et va le considérer comme son propre fils. Envers leurs trois enfants, jamais ils n’élèveront la voie, la main ou autre. Bien au contraire, ils vont toujours les écouter et les aider à grandir dans le respect de leurs ainés et des leurs.

Gordo lui est un mage. Oui comme dans Harry Potter avec la baguette en moins, des tatouages qui bougent et qui s’illuminent. La première fois que cet homme est rentré dans l’histoire, il a vite pris de l’importance dans la vie d’Ox. C’est lui qui lui a donné son premier travail, pas par pitié. Oh non ! Il l’a fait pour aider la mère d’Ox et ce dernier parce qu’il les apprécie. C’est un être qui au premier abord est bourru, mais qui cache un cœur guimauve. Il est gentil, attentionné, il apprend lui aussi à Ox ce qu’est la vie. Mais sa plus grande force réside dans le fait que par ses actions, il va devenir un père, un frère, un ami, un confident pour le jeune homme. Il cherche continuellement à protéger Ox des Bennett, mais va finir par comprendre de lui-même que c’est le destin du gamin qui est en marche.

Rico, Chris et Tanner sont trois hommes qui travaille pour Gordo. Seulement avec le temps, ils vont finir par adorer Ox. D’ailleurs ce seront ses premiers amis dans ce monde de haine. Au fils des pages, on va vite se rendre compte que qu’ils considèrent Ox bien plus que tous ceux qui peuplent leur petite ville. Pour preuve, ils vont prendre leurs places dans la meute d’Ox. J’adore les entendre charrier Ox, juste comme cela, par pure amitié.

Jessie c’est la première et dernière petite amie d’Ox. Cette dernière est surtout sa première expérience sexuelle. Expérience qui s’avère belle et douce mais qui va faire ouvrir les yeux du jeune homme sur ses véritables penchants sexuel. Néanmoins, elle reste présente dans la vie du jeune homme et finira par faire partie de la grande famille d’Ox, c’est-à-dire faire partie de la meute.

Osmond est un loup envoyé par la reine des loups afin de mettre en garde Thomas contre un être tout aussi méprisable que lui. Car en réalité, Osmond est un traitre. C’est lui qui va amener la mort aux portes de la famille Bennett. Il va faire tellement de mal. Mais le pire c’est que jamais ne on allait s’apercevoir de sa perfidie. Car Osmond est avant tout un manipulateur nait. C’est l’un des deux personnages que je déteste le plus.

Car celui qui vient en premier sur ma liste noire est Richard un autre loup garou plus méprisable, plus mesquin, plus hypocrite, avide de pouvoirs, un lâche de la pire espèce. Il n’hésite pas à se servir d’un môme à peindre âgé de huit ans pour se venger d’un adulte. Il n’hésite pas à tuer, à manipuler et dieu merci finira dans la plus grande douleur au monde.

Bon bin apparemment, ce livre m’a vraiment fait de l’effet vu que j’ai été capable de parler autant des personnages. Et du coup, là je me demande si cela vaut le coup pour que je vous immerge plus en profondeur dans le récit de ce livre avec la plume de l’auteur, la romance entre les personnages et l’intrigue du livre. Mais si je ne le fais pas, ce sera une chronique inachevée. Pas grave. On y va mes cocos jolis.

Pour commencer, découvrons la plume de T. J. Klune ensemble si vous le voulez bien. Tout d’abord, cet auteur qui m’est inconnu jusqu’à présent possède une plume d’une simplicité fort … Bon vous avez compris, je n’ai que peu de mots. Car l’histoire est faite de simples phrases que Ox pense. Elles sont simples. C’est comme si vous étiez entrain de penser et que vous disiez tout haut la moindre pensée. Par ailleurs, on se retrouve avec des personnages à aimer ou à détester, selon leur attitude ou leurs actions, mais aussi avec un héros qui n’en n’est pas vraiment un puisqu’il ne cherche en aucun cas à se mettre en avant. Par ce qu’à chaque fois que quelque chose lui tombe dessus, il dit pourquoi lui. Les descriptions aussi sont très simple, on ne rentre pas dans les petits détails. Survolés, ils en ressortent néanmoins que du bon. L’univers est doux à certain moment puis oppressant à d’autres voir violant. Mais ce que j’ai aimé dans tout cela, c’est que l’auteur au lieu de mettre en avant des omégas comme étant des êtres doux, ici c’est l’opposé. Car ces derniers sont des êtres violents, bagarreurs, qui adore se battre pour un rien, colérique, etc. Néanmoins, durant la lecture, on sent qu’il y a un bon rythme, car les actions, les rebondissements les quiproquos, etc … sont réellement présents. Ce n’est pas que du calme. Car dieux merci on s’ennuierait très vite. Et pourtant suivre la vie d’Ox est vraiment facile. Et pour moi, ces périodes de calme que l’on observe durant la lecture est un bon point, car la vie d’Ox n’est pas de tout repos, finalement.

Côté cœur, la romance est vraiment présente. On se retrouve avec Ox et Joe. Ox est le plus âgé, donc découvre très vite les joies de l’amour. Surtout quand il entame sa relation avec Jessie. Puis quand il va comprendre qu’il aime les deux (homme et femme) pour au final choisir son amour pour les hommes. Pourtant, c’est toujours vers Joe qu’il retourne. Mais ce dernier est du genre jaloux. Oui c’est vrai qu’il est jeune, mais c’est un jaloux. Quand Jessie va venir pour le rencontrer il va faire la gueule. Et à chaque fois qu’il va sentir l’odeur d’un autre mâle sur Ox il ne va pas lui parler pendant des jours. Et pourtant, quand Joe sera au lycée et va sortir avec son premier petit ami, ce sera le choc pour Ox qui ne s’attendais pas du tout à cela. Et puis bien entendu, arrivera le moment où Ox va finir par se rendre compte de ses véritables sentiments pour le jeune homme. Et là, c’est une grande claque qu’il va se prendre. Car à ce moment-là il va se mettre à bafouiller, et ne saura plus du tout quoi faire, qui dire. Alors vous vous imaginez bien que quand Joe va s’en rendre compte, il va vite faire en sorte que le couple se met en place. Du moins jusqu’au drame. Les trois années qui vont les séparer, vont alors apporter une nouvelle connotation à leur couple. Car bien entendu, tout va bien se finir. J’ai apprécié de découvrir ce jeune couple depuis bien avant le début de leur histoire d’amour. Cette manière de s’observer, de se découvrir, de vivre, de plaisanter entre eux, de se chercher, de se quitter, pour revenir l’un vers l’autre, m’a profondément émue. De tous les couples que j’ai eu le plaisir de découvrir jusqu’à présent, c’est bien celui-ci qui m’a donné le plus envie de partir à la rencontre. Car ici, les sentiments ne se mettent pas en place d’un coup de baguette magique. Non ici, ils évoluent sur plusieurs années pour aboutir à quelque chose de beau, de charnel et de sensuel.

L’intrigue est elle aussi assez simpliste. On a Ox dix ans qui voie son père partir. Ce dernier, et cela j’en suis sûr ne l’aime pas. Car depuis sa plus petite enfance, le père d’Ox n’a pas cessé de lui dire qu’il était fort comme un bœuf, mais aussi idiot que l’animal en question. Du coup, c’est en grandissant dans cette vérité de lui-même qu’il va grandir. Néanmoins, c’est auprès des Bennet qu’Ox va se rendre compte qui oui il est fort comme un bœuf, mais pas qu’il soit idiot. Non ! Car Ox va tout faire pour protéger les siens et s’il le faut, mourir pour eux et surtout pour Joe. Car derrière les remparts magiques, une menace pèse et apportera son lot de morts et de souffrance. Au début du livre, on va sans cesse se demander où est ce que l’auteur cherche à nous amener. Et puis, quand on va y arriver, on va se dire oh waouh ! Car le mystère plane, encore et encore. On cherche le moindre indice pour pouvoir comprendre ce qui se passe. On passe par des flash-backs et on se demande toujours si cela a un rapport avec ce qui se passe. Et du coup on ne décolle pas du livre. La preuve j’y ai passé tout mon vendredi soir pour le lire. En quelque mots, l’auteur a su si bien garder au chaud l’intrigue véritable du roman, que quand elle apparait on ne sait dire qu’une chose c’est juste waouh, graou et grrr et puis badaboum !

En conclusion, je me trouve devant la quintessence même des pépites littéraires. Un livre écrit avec tant de simplicité et un héros qui ne cherche ni la bagarre, et n’est pas grande gueule. Un livre qui une fois qu’on l’ouvre, ne peut en aucun cas se refermer avant qu’il ne soit lut entièrement. On y passe un sacré moment de détente et les émotions y sont si fortes que l’on ne sait plus où se mettre. C’est un livre qui sent tout sucre d’orge, et pommes de pin, et épique, et génial. Cette phrase seule explique le tumulte des sentiments qui tourbillonnent encore en moi. Pour tout vous dire, je ne sais pas quand je retaperais sur mon clavier. Car Le clan Bennett, tome un est un véritable coup de foudre. Ce n’est plus un coup de cœur, mais un coup de foudre. Et là, en ce moment même où je couche les quelque derniers mots de cette chronique, je n’ai qu’une hâte. C’est de découvrir au plus vite le tome deux qui je pense sera tout aussi intense que celui-ci. Alors mes chers amis bonne lecture à tous, et à très bientôt pour une nouvelle chronique.

13 8

 

Les journées étaient chaudes et humides. Les infos disaient que cela allait être l’été le plus caniculaire depuis des années. Une vague de chaleur, disaient-ils. Qui pourrait durer des semaines et des semaines.

C’était presque mon vingt-troisième anniversaire. Je me disais qu’il était peut-être temps de déménager de chez ma mère, mais l’idée de ne pas vivre près de la meute me causait des sueurs froides, alors je n’y mettais pas tellement d’entrain. Ma mère ne s’en plaignait pas. Elle aimait m’avoir avec elle. Et cela signifiait que je pouvais assurer sa sécurité au cas où les monstres attaqueraient de nouveau.

Donc, peu de temps avant d’avoir été sur terre depuis vingt-trois ans, je me rendis chez les Bennett pour le dîner dominical. Elizabeth me demanda d’aller cueillir quelques tomates dans le jardin. Elle me sourit et m’embrassa sur la joue.

Joe, Carter et Kelly sortaient des bois, terminant leur course tandis que je revenais du jardin.

Ils riaient et se bousculaient comme le font des frères. Je les aimais tous les trois.

Sauf.

Sauf.

Joe portait un short taille basse. La plus minuscule des choses.

Et rien d’autre.

Il était presque aussi costaud que moi à présent. Nous étions de la même taille, ou si près que ça ne comptait pas, ce qui faisait qu’il mesurait presque un mètre quatre-vingt-dix.

Une couche de sueur faisait luire son buste. Quelques poils blonds humides frisaient sur son torse qui paraissait taillé dans le granit. Ses muscles abdominaux étaient joliment dessinés. Une goutte de transpiration atteignit la ligne de poils sous son nombril et mouilla la ceinture de son short.

Il se retourna pour dire quelque chose à Carter et je vis les fossettes au-dessus de ses fesses. La façon dont ses jambes se pliaient et se détendaient pendant qu’il sautait d’un pied sur l’autre.

Il pointa vivement du doigt quelque chose dans les bois ; une veine bleue ressortit sur son biceps et j’eus envie de la retracer de mes doigts, parce que quand un tel truc était-il arrivé ?

Et ces mains. Ces putains de grandes mains et je…

Joe avait grandi.

Et d’une certaine façon, je ne l’avais pas vraiment remarqué jusqu’à ce que ce soit pleinement exposé. Juste devant mes yeux.

Il avait dû me voir du coin de l’œil. Il se retourna et me sourit, et c’était Joe, mais c’était Joe.

Alors, naturellement, ce fut là que je m’encastrai dans le mur de la maison. Les tomates dans mes mains s’écrasèrent contre moi. Ma tête tapa contre le revêtement de bois et je me dis : Oh, merde !

Je m’écartai de la maison. Des bouts de tomates tombèrent au sol.

Mince.

Je sentis mon visage s’échauffer lorsque je regardai à nouveau les frères Bennett. Ils étaient tous plantés là, à m’observer d’un air inquiet.

— Qu’est-ce qui se passe ? demanda Carter. Tu sais qu’il y a une maison juste ici, hein ? Elle est là depuis… quasiment toujours.

— Heu… dis-je d’une voix faiblissante.

Je ne pouvais même pas l’empêcher.

— Hé. Les gars ! Ça roule ? Je cueillais juste… des tomates.

Je croisai les bras sur mon torse et les tachai de tomate. Je voulus m’appuyer contre la maison, mais j’étais allé plus loin que je ne le pensais et trébuchai à l’intérieur.

— Qu’est-ce qui se passe là ? demanda Kelly.

Joe fit un pas dans ma direction, et les muscles de son ventre se contractèrent et une vague de désir fit rage en moi. Je me souvins alors que les loups-garous pouvaient le sentir, et je me reculai, pris d’une terreur absolue.

— Hé, dis-je d’une voix cassée.

Je me raclai la gorge et réessayai.

— Hé. Heu… Je dois. Vérifier un truc. Chez moi. Avant le dîner.

Ils me regardaient tous bizarrement maintenant. Ils ne pouvaient pas encore sentir ma bouffée immorale de désir. Ou peu importe ce que c’était. Mes sentiments. Que je ne pouvais pas avoir.

Joe s’avança encore vers moi, et il avait des pectoraux. Il avait un torse tout simplement… tout simplement très chouette qui me donnait des idées et je dis :

— Ola, cow-boy !

Je m’enguirlandai intérieurement d’une telle connerie.

— Qu’est-ce qu’il y a chez toi ? demanda Joe.

Et ce salaud commença à renifler autour de lui.

— Ox, dit Carter. Ton cœur bat à un rythme de dingue.

Saletés de loups-garous ! Et Joe était pile devant moi. Avec des muscles.

— Me changer ! m’écriai-je.

Ils reculèrent tous les trois. Je baissai la voix.

— Je dois… me changer. Enfin, le tee-shirt, dis-je en le montrant du doigt. Les tomates et les maisons ne font pas bon ménage. Ha ha ha !

— Je ne sais toujours pas ce qui se passe, intervint Kelly.

— Je reviens tout de suite, lançai-je avant de me tourner dans la direction opposée, me retenant vainement de courir.

— Euh, Ox ?

Je m’arrêtai.

— Oui, Joe ?

— Ta maison est de l’autre côté.

— Tout à fait.

Mais au lieu de les dépasser et risquer qu’ils sentent mon odeur, je fis un long détour en contournant toute la maison. Quand je réapparus sous leurs yeux, ils se tenaient au même endroit, me regardant.

Je rentrai chez moi et verrouillai la porte.

— Qu’est-il arrivé à ton tee-shirt ? demanda ma mère.

— Tomates, dis-je.

— Tu es tout rouge. Ton visage est écarlate.

— Il fait chaud dehors.

— Ox. Il s’est passé quelque chose ?

— Nan. Rien. Nada. Que dalle.

— Ta respiration est vraiment très bruyante.

— C’est un truc qui arrive. Aux mecs balèzes, tu vois ? Il leur faut de grandes inspirations.

— Oui, dit ma mère. Je ne pense pas que ce soit un truc.

— Je dois changer de tee-shirt.

Je refusai de la regarder dans les yeux.

— Tu veux que je t’attende ?

Je secouai la tête.

— Non. Non. C’est… bon.

Je voulais qu’elle parte afin de pouvoir cogner dans quelque chose.

Elle attendit que je m’éloigne de la porte avant de me dépasser. Elle fronça les sourcils lorsqu’elle tenta de tourner la poignée.

— Tu l’as verrouillée ?

Je souris. Je ressemblais probablement à un dingue.

— L’habitude.

— Hmm.

Elle sortit et ferma la porte derrière elle.

Je donnai un coup de poing dans le mur. Ça fit un mal de chien.

Il n’avait que dix-sept ans. C’était mal.

Sauf qu’il en avait presque dix-huit.

Ce qui était… convenable.

Mais.

C’était Joe.

Les arguments tournaient en boucle dans mon esprit.

Mon téléphone bipa. Un SMS.

Joe.

T où ???

Je regardai la pendule. J’étais déjà assis devant la porte depuis vingt minutes.

— Merde, marmonnai-je.

Je ne pouvais pas ne pas aller dîner. C’était une tradition. Et si je prétendais être malade, quelqu’un (JoeJoeJoe) viendrait veiller sur moi.

Alors je devais y aller.

Je ne pouvais rien faire pour mon rythme cardiaque. Ils l’avaient entendu de toute façon. Je trouverais bien un truc.

Mais l’odeur.

Je remontai l’escalier en courant et retirai mon tee-shirt, en attrapant un autre dans le tiroir. Je l’enfilai tout en entrant dans la salle de bain. Je trouvai un vieux flacon d’eau de Cologne que je ne portais plus puisque les loups n’aimaient pas ça. Ça te masque, m’avait dit une fois Joe. En grande partie, en tout cas.

Je m’en aspergeai au moins six fois.

J’envoyai un SMS en retour.

en route

Il me fallut vingt autres minutes pour me convaincre de retourner à la maison au bout du chemin.

En fin de compte, je me dis de grandir parce que j’avais presque vingt-trois ans, putain, et j’avais combattu des monstres (une fois) et je m’entraînais avec des loups (souvent). Et c’était seulement Joe.

À qui je voulais de toute évidence faire des choses.

Ça ne calma en rien les battements de mon cœur.

J’avais l’impression d’aller vers ma mort à chaque pas que je faisais pour me rapprocher de la maison des Bennett.

Je pouvais tous les entendre. Probablement prêts à manger. Des rires. Des discussions. Des cris.

Et puis la conversation mourut. Simplement.

Avant même que j’atteigne le côté de la maison.

— C’est Ox ? entendis-je demander Mark.

Il avait l’air inquiet.

Il y eut du fracas et plusieurs bruits de course.

Ils tournèrent à l’angle de la maison et s’immobilisèrent.

— Où est-ce que c’est ? exigea Mark.

— Nous sommes attaqués ? demanda Thomas, prêt à muter.

Ses yeux devinrent rouges.

— Ox ? demanda Carter. Sérieux. Ton cœur, vieux. Tu as l’air terrifié.

— Salut, les gars !

J’avais appris très tôt qu’on ne devait pas fuir un loup sur le point de se transformer. Ça aiguisait ses instincts. J’avais tellement envie de m’enfuir.

Parce que Joe se tenait en première ligne. Il s’était changé. Un short blanc. Un tee-shirt vert qui ne cachait rien. Il était pieds nus. Et ses pieds étaient foutrement sexy.

— Euh. Salut, les gars, répétai-je.

— Pourquoi est-ce que j’ai le sentiment qu’il se passe un truc que je devrais capter ? dit Kelly.

Joe fronça le nez.

— C’est quoi, cette odeur ?

Alors, bien sûr, tous les hommes Bennett se mirent à renifler autour d’eux. Ce n’était pas drôle. Du tout.

Carter fit un pas vers moi.

— Bon sang, Ox ! Mais dans quoi tu t’es baigné ?

— Rien, dis-je, un peu sur la défensive alors même que je reculais. Je ne vois pas de quoi tu parles.

— Ox, dit Joe en fronçant les sourcils. Ça va ?

Je ne parvins pas à le regarder quand je dis :

— Je vais bien. Tout va bien.

— Tu… mens, dit Kelly.

Joe s’approcha d’un pas. Je reculai d’autant.

— Est-ce qu’il s’est passé quelque chose aujourd’hui ? demanda Thomas.

J’eus envie de dire : « j’ai peut-être commencé à imaginer ton fils mineur nu », mais j’ignorais si c’était quelque chose qu’on pouvait dire à un loup-garou Alpha.

Alors je répondis :

— Non, rien. Je voulais juste… avoir une odeur. Différente ?

Les mâles Bennett me dévisagèrent. Mon regard se fixa derrière leurs épaules.

— Ox, dit Joe.

— Oui, répondis-je en regardant un arbre.

— Hé !

— Quoi ?

— Regarde-moi.

Putain de bordel de merde. Je le regardai.

Même moi, je pouvais lire l’inquiétude sur son visage. Son stupide magnifique visage.

Je me sentis rougir.

— Nous devrions peut-être… commença Mark.

Mais Carter s’écria :

— Non ! C’est pas vrai !

— Carter, je peux te parler un instant ? dis-je encore plus fort. Maintenant ? S’il te plaît ? Tout de suite ?

Carter m’adressa le plus faux-cul des sourires alors même que Joe nous jetait des coups d’œil soupçonneux.

— Qu’est-ce que tu as fait ? demanda-t-il à son frère.

— Absolument rien, répondit Carter, l’air plutôt ravi. Et c’est merveilleux.

— Carter ! aboyai-je. Tout de suite !

Avant que les autres puissent protester, Carter s’avança et m’agrippa le bras, m’entraînant vers les bois.

— Ça ne sera pas long, lança-t-il joyeusement par-dessus son épaule.

— Qu’est-ce qui ne sera pas long ? entendis-je Joe dire.

— Oh, je suis persuadé que tu le découvriras bien assez tôt, déclara Mark.

Oh, mon Dieu ! J’étais maudit !

************

Carter me fit rentrer chez moi pour me doucher, disant que je puais trop et qu’il était hors de question que je puisse manger avec eux en portant cette odeur.

Je le cognai aussi fort que je pus.

Il se moqua simplement de moi.

Je tentai de la faire durer aussi longtemps que possible, en pensant à toute autre chose que Joe.

La douche dura quatre minutes.

J’étais habillé et me dirigeais vers la maison des Bennett dix minutes plus tard.

Je pouvais tous les entendre dans le jardin, y compris ma mère. Elizabeth riait. Carter criait sur Kelly. Ma mère discutait avec Mark.

Avant de pouvoir contourner la maison, je sentis une main sur mon épaule.

Je n’eus même pas besoin de me retourner pour savoir qui c’était.

Mais je le fis quand même.

Joe se tenait derrière moi, le regard inquiet, ses doigts courant sur mon bras, agrippant légèrement mon coude. Nous étions si près l’un de l’autre, à quelques centimètres à peine. Je sentais sa chaleur, ses genoux butant contre les miens.

— Hé ! dit-il.

— Salut ! réussis-je à répondre.

— Ça va ?

— Oui. Bien. Tout va bien.

— Hmm. Tu veux réessayer ?

— J’ignore de quoi tu parles.

— Ox, dit-il de ce ton qui me faisait faire tout ce qu’il me demandait, ce que nous savions tous les deux.

Et maintenant que j’étais conscient de ce que cela impliquait exactement, je pouvais à peine respirer.

— Le loup, lâchai-je.

— Quoi ? Quel loup ?

Je lui lançai un regard noir.

— Celui que tu m’as offert.

À cette distance, je pus voir son cou rosir légèrement. Mais ses yeux ne se détournèrent pas des miens.

— Oui ?

— Je… Merci ? Pour le cadeau. Je suppose.

— De rien ? Pourquoi tu… attends ! De quoi vous avez discuté, Carter et toi ?

— Euh… de rien ?

— Vraiment. C’est ça ta réponse ?

— De rien, insistai-je.

— Tu agis bizarrement.

— Tu agis bizarrement.

Il leva les yeux au ciel.

— Cette odeur, t’être enfui dans les bois avec Carter, parler du loup comme ça. Et je ne parle même pas du fait que tu sois rentré dans le mur de la maison quand nous sommes revenus de…

Il s’interrompit, et je reconnus cette expression sur son visage. Je savais ce que cela signifiait. C’était l’air qu’il prenait quand son esprit se mettait en branle, remettant tous les morceaux en place.

— On devrait probablement aller manger, dis-je hâtivement. On ne devrait pas faire attendre les autres. C’est très grossier.

Il écarquilla les yeux.

Eh merde !

— Ox, dit-il, une trace de son loup apparaissant, les yeux luisants. Tu n’as rien à me dire ?

— Non, répondis-je rapidement. Absolument rien.

— Tu en es sûr ? demanda-t-il, sa prise sur mon coude se raffermissant.

Je réussis seulement à libérer mon bras.

— J’ai faim, déclarai-je d’une voix rauque. Nous devrions…

— Bien sûr. Allons-y.

Je cillai.

Il me sourit.

Mon cœur eut un raté.

Le sourire s’élargit.

Personne ne fit de commentaires lorsque nous arrivâmes, bien que je sois persuadé que chacun d’eux, en dehors de ma mère, avait entendu toute la conversation. Carter me fit un clin d’œil. Kelly avait l’air plutôt ravi. Mark eut son sourire mystérieux. Elizabeth me regarda tendrement. Ma mère avait simplement l’air perdue.

Mais Thomas… Thomas semblait plus à l’aise que je ne l’avais jamais vu.

Joe me colla au corps, s’asseyant près de moi, ne laissant aucun espace entre nous.

Le repas fut une torture.

Il s’appuya souvent contre moi pour me parler, son souffle dans mon cou, me chuchotant à l’oreille.

Il me toucha le bras, la main, la cuisse.

Il avait une paille dans son soda. Il n’utilisait jamais de paille. Jamais. Mais il en avait une maintenant, sortie de nulle part, et il battait des cils tout en me regardant pendant qu’il aspirait, ses joues creusées.

Je lâchai ma fourchette. Elle tinta bruyamment dans mon assiette.

— Joe, soupira Thomas. Vraiment ?

— Oups, dit Joe. Désolé.

Il ne semblait pas du tout désolé.

— Oh punaise, tout s’éclaire ! s’exclama Kelly. Et c’est encore plus dégueu.

— J’ai fait une tarte pour le dessert, dit Elizabeth en revenant à table. Recouverte de crème fouettée.

Je poussai un gémissement.

Joe eut l’air enchanté.

Encore plus quand il fit courir un doigt dans la crème et le lécha sans jamais me quitter des yeux.

Carter et Kelly affichaient le même air dégoûté et horrifié.

— Arrête, lui sifflai-je.

Joe inclina la tête sur le côté avant de se pencher vers moi et de dire à voix basse :

— Oh, Ox. Je ne fais que commencer.

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